Le produit intérieur brut du Portugal a progressé de 0,5 % au deuxième trimestre, après 0,4 % sur les trois premiers mois de l’année.

Premier ministre Portugais Antonio Costa

Premier ministre Portugais Antonio Costa

L’économie portugaise va mieux. Au deuxième trimestre, son produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,5 %, après 0,4 % sur les trois premiers mois de l’année, selon les chiffres officiels publiés mardi 14 août. C’est plus que la progression enregistrée dans la zone euro (0,4 %) et en France (0,2 %). Selon les indicateurs, la demande intérieure a tiré l’activité, portée par l’amélioration sur le front de l’emploi. En juin, le taux de chômage s’établissait à 6,7 % de la population active, selon Eurostat, inférieur à la moyenne de l’union monétaire (8,3 %). Et loin du pic de 17 % atteint en 2013.

Cette année, la croissance devrait s’établir autour de 2,3 %, selon la Commission européenne, après avoir culminé à 2,7 % en 2017, un record depuis dix-sept ans. Dans le même temps, le déficit public est tombé à 0,9 % seulement du PIB, après s’être creusé jusqu’à 11,2 % au plus fort de la récession. Une performance étonnante – certains parlent même de « miracle portugais » –, au regard des abysses où le pays sombra en 2011. « En pleine déroute économique, il fut contraint d’appliquer une douloureuse cure d’austérité en échange d’un prêt de 78 milliards d’euros de la troïka” [Fonds monétaire international, Banque centrale et Commission européennes] », rappelle Jésus Castillo, économiste spécialiste du pays chez Natixis.

Incroyable boom du tourisme

En 2015, un an après la sortie du plan d’aide, le pays porta le socialiste Antonio Costa au pouvoir. A la tête d’une alliance avec le Parti communiste, le Bloc de gauche et les écologistes, il revalorisa le salaire minimum (aujourd’hui à 580 euros) et regonfla le filet d’aide sociale pour les plus démunis. Mais il poursuivit également l’assainissement des finances publiques, notamment en relevant certaines taxes.

Mettre un terme à la rigueur et restaurer la croissance, tout en restant dans les clous de Bruxelles : en Europe, la « méthode » Costa a dérouté les droites conservatrices et inspiré les sociaux-démocrates, déboussolés par la montée des populismes. Certains économistes s’interrogent néanmoins sur la solidité de cette reprise. La bonne santé du Portugal, économie petite et ouverte, ne tient-elle pas avant tout au rebond européen et à l’incroyable boom du tourisme ? Passé l’effet dopant du relâchement de l’austérité, à quel niveau retombera l’activité ? « Robuste à court terme, la croissance potentielle reste relativement faible sur le long terme », soulignent les analystes de l’agence de notation DBRS, estimant celle-ci entre 1,4 % et 1,9 %.

Dans une tribune publiée en juin sur le site VoxEU.org, consacré à la recherche économique, le ministre des finances (et président de l’Eurogroupe) Mario Centeno rappelle que son pays s’est transformé en profondeur depuis vingt ans : le niveau d’éducation a augmenté, l’administration s’est modernisée et le tissu industriel s’est renforcé, si bien que les exportations pèsent désormais 43 % du PIB, contre 16 % en 2015. Oui, souligne-t-il, ces deux décennies d’efforts ont payé.

Source: Le Monde

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